Je croirai vraiment à la liberté de la presse le jour où un journaliste pourra écrire ce qu’il pense vraiment de son journal.
Guy Bedos

«la lutte des classes existe, nous l'avons gagnée» (Warren Buffett, milliardaire)

Le dernier scandale du Libor témoigne d'une nouvelle victoire des milliardaires sur le front des luttes économiques. « À qui devez-vous votre fortune? », demandait-on au milliardaire Warren Buffett, l'un des plus gros contributeurs du programme de lutte contre le sida de Bill Gates. «À moi à 10 %, à 90 % aux autres. Il est normal que je leur restitue 90 % de ma fortune. » C'est assez honnête. Buffett reconnaissait que c'est l'exploitation d'autrui qui permet d'amasser des fortunes. Cela dit, savoir exploiter les autres, ce n'est pas donné à tout le monde. Et encore, quand on les exploite, ils ne sont pas dupes : ils suent sous le burnous pour le proprio. Ils acceptent. « Ils n'ont pas le choix », direz-vous. Alors, c'est que la liberté n'existe pas? Vous pensez que la liberté n'existe pas? C'est possible.

 

Donc, Warren Buffett et Bill Gates. Connaissez-vous Tim Berners-Lee ? Non, bien sûr. En revanche, vous connaissez Bill Gates, le salopard monopolistique qui vous impose d'acheter, ses logiciels qui sont vendus avec vos bécanes (comme si Renault imposait d'acheter des bagnoles avec le coffre plein). Tim Berners-Lee est le gars qui a mis à disposition de tout le monde, gratuitement, le World Wide Web. Sans lui, Bill Gates serait marchand de frites à Miami. Sans Berners-Lee, Internet n'aurait pas encore commencé. Bill Gates est l'escroc qui a profité d'un péage sur Internet. Comme le type qui s'installe devant un gué et fait payer ceux qui veulent passer !
 
Mais il y a pire que Buffett et Gates. Le pire, c'est Bob Diamond, ex-patron de BarcLays. Diamond n'a rien inventé, il s'est contenté de truquer les fluctuations du Libor. Le Libor est le taux auquel les banques londoniennes se prêtent des devises. Ce peut être au jour le jour, à une semaine, à un mois, à trois mois, à douze mois. Donc ces banquiers se téléphonent tous les matins et disent : tiens, aujourd'hui, on se prête à 3 %, à 10 %, etc. À partir de là, les banques prêtent un peu plus cher aux pauvres gens comme vous et moi. Que faisait Bob Diamond ? Il donnait de fausses informations. Alors que les banques se prêtaient à 3, il annonçait 3,5. Autant de gagné. Avant d'être pincé, Bob Diamond plastronnait « Les banques n'ont rien à se reprocher. Il est temps de les laisser tranquilles. » Après quoi, il demandait des bonus, exactement 26 millions d'euros pour 2011. Que les gens de la Commission européen qui croient à la « concurrence libre et non faussée » nous écrivent, ils ont gagné un paquet de Banania. Que Pascal Lamy, patron socialiste de l'Organisation mondiale du commerce, qui croit aux bontés et beautés du commerce international, nous écrive, gagné deux paquets de Banania.
 
De quoi Bob Diamond est-il le nom ? De la Lutte des classes. Sauf qu'il n'y a pas deux classes, hélas, il n'y en a qu'une qui gagne depuis que le capitalisme existe, la classe des capitalistes. En face, des milliers de classes, sous-classes, sous-catégories, sous-espèces, du prolo au boucher, en passant par le prof, le plombier et d'autres. Ces milliers de cocus ne savent-ils pas qu'ils se font cocufier à longueur de journée par les banquiers ? Ne savent-ils pas qu'ils ont voté pour des gens qui leur ont promis de faire la peau aux banquiers et ne feront rien? Si. Alors, s'ils sont cocus et qu'en plus ils payent la chambre, qu'ils ne viennent pas pleurer que les cornes sont trop lourdes. « Le problème du prolétariat, c'est qu'il aime se faire enc...». (Wilhelm Reich).